Rédigé le Mardi 4 Novembre 2008
Bilan Actuel et proposition des solutions pour la crise mondiale :
Depuis son début en été 2007 la crise des Subprimes (confer mon article précédent) a fait des ravages dans le monde. En passant par faillites, Insolvabilités, fusions acquisitions, rachat de propres actions, diminution du pouvoir d’achat, on aboutit aujourd’hui à une crise mondiale. Ainsi nous allons ensemble passer en revue les causes et effets secondaires de cette crise sans oublier de faire l’état des lieux. Ensuite nous analyserons les solutions Américaines et Européennes de la crise. Pour terminer nous essayerons de proposer des solutions plus pertinentes à cette crise.
Après ce cauchemar financier que le monde entier a vécu, les causes immédiates de la crise peuvent à présent être facilement énumérées. On distingue d’une part les pertes directes sur les crédits subprimes, dépréciation des actifs dérivés des subprimes suite à l’effondrement des marchés de la titrisation, ralentissement des activités de banques d’affaires (financement des Hedge Funds, Gestion d’actifs). D’autres parts les Agences de Notation ont normalement pour rôle d’apprécier les risques de solvabilité liés aux produits financiers parmi lesquels on compte les crédits subprimes. C’est pour cela que ces agences sont aussi pointées du doigt du fait de n’avoir pas pu apprécier ou détecter d’avance les risques énormes liés à ces crédits subprimes.
Ainsi la conséquence directe de tous ces disfonctionnements est l’assèchement des comptes de toutes les institutions financières qui opèrent dans le domaine du crédit.
Par ailleurs, notons que les institutions américaines comme Fanny Mae et Freddy Mac sont des sociétés spécialisées dans les crédits subprimes qui effectuent des opérations de titrisation en transférant les risques aux investisseurs comme les Hedge Funds, ces Hedge Funds se finançant auparavant auprès des banques ou des sociétés qui veulent diversifier le plus souvent leurs portefeuilles. Les banques à leur tour se financent sur le marché interbancaire ou auprès de la banque centrale. Nous voyons donc comment les dépréciations d’actifs des sociétés spécialisées dans le crédit subprime peuvent aussi facilement affecter toutes les institutions financières que le système bancaire ou économique.
Les réactions immédiates de ces sociétés passaient par la recherche d’augmentation de capital ou de refinancement. Cela se traduit par les opérations de fusions acquisitions ou de rachats auxquelles nous avons pu assisté depuis le début de l’année 2008. D’autres ont préféré se refinancer en vendant une partie de leurs actions en bourse. On note donc que 500 milliards de dollars de pertes aux USA ont été enregistrés entre l’été 2007 et 2008, et que plus de 300 milliards de dollars ont été utilisés pour des opérations de recapitalisation ou d’augmentation de capital.
Sur les marchés boursiers internationaux, avec la récession qui se fait sentir par la publication des mauvais comptes trimestriels des mastodontes cotés, les investisseurs craignent la récession et liquident leurs positions. Ainsi, la semaine du 6 au 10 octobre 2008 restera dans les annales comme l’une des pires semaines que les bourses mondiales aient connues. Le CAC 40 perdu 1000 points durant cette semaine soit environ 20% de sa valeur. On assiste également à des effets sur d’autres marchés comme celui des matières premières où l’assèchement des liquidités oblige plusieurs acteurs comme les Hedge Funds à quitter également le marché de l’énergie en liquidant leurs positions. En Europe l’indice bancaire de l’EUROSTOXX perdait 60% de sa valeur (performance avec base 1er janvier 2008) le jeudi 30 octobre 2008 vers 16 heures. C’est ce qui nous fait dire que le secteur bancaire reste de toute façon le plus touché.
En récapitulant tout ceci nous sommes à présent d’accord que le manque de liquidités (dû aux pertes liées aux subprimes) a entraîné une crise de confiance (crainte pour la récession et dividendes 2008 en très forte baisse). Cette crise de confiance a à son tour augmenté la méfiance de la part des institutions financières en général et en particulier les banques qui sont plus retissantes à octroyer des crédits aux particuliers ou aux investisseurs. C’est ce qui a entraîné l’endurcissement du marché des prêts interbancaires et le LIBOR a même atteint un niveau record de 4.8187% le 10 octobre passé.
Face à tous ces maux, on est aussi conscient que le recours aux solutions que peuvent proposer les régulateurs comme la banque centrale ou l’Etat est urgent. Cela n’a pa tardé, on a assisté aux USA comme en Europe aux solutions immédiates qu’ont adopté les banques centrales comme la baisse des taux directeurs. Cette solution ne résolvait pas le problème car les marchés financiers ont continué par plomber. Dans cette chute, l’Etat Américain a refusé de venir en aide à l’un des plus grandes banques américaines LEHMAN BROTHERS après avoir sauvé Fanny Mae et Freddy Mac. Suite à cet évènement les banques comme Bear Stearns, Merill Lynch, Washington Mutual et Wachovia ont préféré fusionner ou être racheté.
Par la suite des solutions plus repensées ont été votées et adoptées.
Les solutions Américaines : Un plan de sauvetage dénommé plan PAULSON (du nom du secrétaire d’Etat au trésor Henry PAULSON) a été proposé, voté et adopté au sénat Américain. Ce plan consistait à ce que l’Etat vote 700 milliards de dollars pour racheter les actifs toxiques des grandes banques et autres institutions financières en difficultés. Les actifs toxiques sont des actifs liés aux crédits subprimes appelés communément les Mortage Backed Securities. L’objectif était donc de rendre plus liquides les actifs des banques qui ne retrouvaient pas preneurs afin de les aider à couvrir les pertes. Après l’annonce de cette solution en septembre 2008 toutes les places financières étaient en hausse et le CAC 40 gagnait 9.27%. Mais l’on remarquera très vite que c’était à cause de l’interdiction de la vente à découvert car les bourses avaient replongé après dans le rouge. Certes c’est une bonne idée de racheter les actifs toxiques pour rendre les banques liquides mais est ce l’Etat qui est chargé d’acheter les mauvais produits à perte ? Ce qui veut dire que l’Etat est chargé de subir des pertes lorsque les grosses sociétés sont au bout de la faillite et de ne rien gagner lorsque ces mêmes sociétés réalisent des bénéfices. Cette solution n’a pas résolu le problème de confiance qui s’aggravait au fil du temps.
Les Solutions Européennes : Initiées dès octobre 2008 lorsque les défaillances bancaires s’empiraient en Europe (Dexia, Fortis, Hypo Real Estate), il s’agissait dans un premier temps d’un engagement de la part des Etats de garantir jusqu’à une certaine hauteur les dépôts bancaires des particuliers. Dans un deuxième temps la proposition anglaise menée par Gordon BROWN avait convaincue et a été adoptée un peu partout en Europe et même aux USA. Il s’agissait dans ce cas de prêter de l’argent aux sociétés très touchées par la crise ou de prendre part à leur capital avec l’apport de fonds.
Tout ceci a toujours pour objectif de rendre plus solides les passifs des sociétés afin de leur permettre de couvrir leurs positions d’actifs et ne pas tomber en faillite. Cette solution a aussitôt projeté les bourses dans le vert mais cela n’a pas duré. On est reparti dans le rouge.
Pourquoi alors malgré toutes ces solutions et sauvetages, l’économie ne retrouve pas son sentier ? Cela veut dire que à mon avis que c’est un problème de confiance qui persiste. Les investisseurs ne veulent plus risquer leurs argents dans des économies qui ne rapporteront pas. Bref ils n’ont plus confiance à l’économie. C’est donc un problème de confiance qui s’empire de temps en temps, car si on sauve une société ça sous entend que la situation n’est pas bonne, on ne peut pas investir dans des situations comme cela !
Les mastodontes qui s’endettent actuellement pour éviter la faillite prendront du temps à régler ces dettes et à dégager de bons bénéfices dans les années à venir. La conjoncture n’est donc pas favorable à l’investissement. Qu’est ce qui peut alors résoudre ce problème de confiance qui est primordial ?
Mes Solutions : A mon avis les solutions les plus pertinentes ont été proposés en Europe comme aux USA. Cela n’a pas résolu le problème, il faut donc s’attaquer aux systèmes mis en place. Il s’agit des normes IFRS, des conventions Bâle II, du fonctionnement des prises de positions dans les bourses internationales, et du rôle des agences de notation internationales dans tout ceci.
- Certains PDG ont déjà fait allusion à la règle IFRS de la « Fair Value » qui oblige les sociétés à tenir compte de la juste valeur (la valeur de marché du jour d’évaluation) de leurs actifs dans la publication de leurs comptes. Il est vrai que cette règle reflète la réalité financière des sociétés. N’oublions pas qu’une société est déclarée en faillite du moment où ses fonds propres ne couvrent pas les pertes encourues à un moment donné. La règle de « Fair value » peut à court terme faire tomber une société et à long terme approuver sa survie. Ce qui veut dire que c’est une règle qui ne fait que suivre la volatilité des prix des actifs. Les prix des biens sont souvent surévalués (par Exemple) à cause de la spéculation et donc ne reflètent pas leurs valeurs réelles (Sous évalués ou surévalués). Avant les normes financières IFRS les actifs des sociétés étaient enregistrés dans leur compte à leur prix d’acquisition (En France). Ainsi pour ne pas être trop extrémiste dans l’évaluation, la solution idéale ne devrait à mon avis prendre en compte ni la valeur d’acquisition, ni la juste valeur mais plutôt la valeur du début d’exercice (de l’année en cours) à chaque publication des 3 premiers comptes trimestriels de l’année et prendre en compte la juste valeur (Fair value) pour la dernière publication de l’année. Je propose la reprise de la « Fair value » au dernier trimestre car les investisseurs ne touchent des dividendes qu’a la fin de l’année et donc ils doivent être plus réalistes sur la santé à long terme de leur investissement. Ainsi la solution de prise en compte de la valeur de début d’exercice me parait fondée, car elle permettra d’éviter des faillites en catastrophes dues à la spéculation sur les biens d’une façon générale.
- Par ailleurs on se demande quel est rôle joué par les conventions de Bâle II dans la crise ? Ces conventions sont censées couvrir les banques et autres institutions financières de pertes inattendues dues aux positions de bilan prises par ces mêmes entités. Les grandes banques ont simulé les pires scénarios possibles de pertes qui pouvaient survenir avec leurs modèles de gestion des risques. Ces scénarios ont été pris en compte dans le Ratio Mc Donough de Bâle II. Mais le Ratio Mc Donough n’a pas permis aux banques de couvrir les pertes ou dépréciations d’actifs subies lors de la crise des subprimes jusqu’à l’aboutissement à la crise mondiale. Conséquences, on enregistre de nombreuses faillites. Je suis pour cette fois du même avis des experts qui proposent un relèvement du ratio de solvabilité Mc Donough pour permettre à ces sociétés de pouvoir résister à des crises semblables à celle des subprimes. D’un autre point de vue, il serait intéressant de ne pas permettre à toutes les sociétés de s’endetter n’importe comment en leur exigeant un ratio d’endettement donné. Cela leur permettra d’être à tout moment plus ou moins liquides et de pouvoir couvrir des pertes éventuelles.
- On ne pourrait parler de tout ceci et oublier la spéculation. Elle a été aussi l’une des raisons pour lesquelles certaines sociétés ont perdu de la valeur ou sont tombées en faillite. La spéculation est devenue complètement une activité d’investissement à très court terme (elle peut prendre quelques minutes seulement) qui consiste à ne pas prendre en compte les fondamentaux des sociétés et à viser seulement des plus values. Plusieurs sociétés (aux USA et en Europe) ont fait l’objet d’attaques incessantes en bourse lors de la crise des subprimes alors que leurs fondamentaux étaient solides. Ceci a fait chuter leur valeur en bourse. Parmi les victimes on compte la plupart du temps les valeurs bancaires. Une solution efficace pour éviter des faillites dues à la spéculation est l’interdiction des prises de positions qui ne durent que des minutes ou des heures juste pour des périodes de crise (comme actuellement) et seulement dans les secteurs concernés (actuellement les bancaires). Dans ces périodes on peut exiger que les prises de positions durent au minimum 2 ou 3 jours. Cela permet d’éviter des spéculations (le but étant de faire des plus values) dans les périodes de panique. Ce qui veut dire qu’une personne qui émet un ordre d’achat ou de vente devra attendre au minimum 2 ou 3 jours avant que son ordre ne soit exécuté.
- Après avoir constaté l’ampleur de la crise, l’on se pose toujours la question de savoir pourquoi les Agences de notation n’ont pas prévu ou su noter convenablement les produits structurés liés aux subprimes ? Les plus grandes sont Moody’s, Standard & Poor’s, Ficth Rating, et elles ont tous aveuglés les investisseurs qui prennent en compte leurs notes avant la décision d’investissement. Après les enquêtes menées par la CES (Autorité des marchés financiers Américains) plusieurs solutions ont été proposées pour règlementer et mettre au clair le rôle des agences. Les experts du domaine souhaitent en fait que désormais les agences fassent en sorte que les modèles utilisés pour leurs notations soient plus explicites à l’égard des régulateurs et que le système de rémunération soit revu. Car on se rend compte que l’évaluateur est rémunéré par l’évalué, cela donne a priori l’impression que les évalués sont dans la plupart du temps bien notés. Une fois encore, ce qui me paraîtrait idéal et efficace serait que l’on exige que les agences présentent leur méthodes et modèles utilisés au régulateur à chaque fois qu’elles réalisent une notation. On doit également exiger à mon avis que les modèles de notation utilisés soient le moins sensible possible au cours du temps. Ce qui veut dire que ces modèles doivent prendre en compte des variables qui influencent la valeur du risque basique d’un produit financier et non des variables qui font changer trop la note de temps en temps. Car on a remarqué que depuis le début de la crise les grandes agences ont immédiatement commencé par réduire et dégrader continuellement leurs notes au fur et à mesure que la crise d’aggravait et ce sur des produits structurés qu’elles avaient noté AAA auparavant. A part tout cela on doit aussi exiger que les sociétés qui souhaitent faire évaluer leurs produits fassent appels à au moins 2 agences pour la notation. Dans ce cas la rémunération devra être divisée par le nombre d’agences. Cette solution donnera plus de méfiance de la part des investisseurs en cas de divergence des notes.
Farouk TANGAO
j’applaudis et je dis “chapeau bas” monsieur l’économiste.
Grâce à toi, j’ai mieux compris plein de choses surtout par rapport aux solutions adopter et à adopter. J’espère que bcp d’autres comme moi te liront et trouveront ces lignes instructifs.
j’applaudis et je dis “chapeau bas” monsieur l’économiste.
Grâce à toi, j’ai mieux compris plein de choses surtout par rapport aux solutions adopteées et à adopter. J’espère que bcp d’autres comme moi te liront et trouveront ces lignes instructifs.
Thanks
Super instructif ton blog! Mais je crois que mon navigateur a un problème: j’arrive pas à y voir l’onglet Arsenal de chez moi(mdr)
Lol